Dans la république démocratique du Congo , Claudine André tente de sauver les bonobos menacés d'extinction , ces singes sympathiques qui préfèrent l'amour à la guerre...
Nous sommes à Lola ya bonobo ou Paradis des bonobos , une réserve unique au monde pour cette espèce en voie de disparition.
Le néophyte pense que ce singe ressemble au chimpanzé.
Grossière erreur. Il a des jambes plus longues , de petites oreilles et un visage noir , des lèvres rouges , une coiffure marquée d'une raie au milieu et des favoris. Il marche sur ses deux
jambes plus volontiers et plus souvent que son cousin.
En revanche , comme lui , il partage plus de 98% de son patrimoine génétique avec nous , ses autres cousins ( il est aujourd'hui acquis que nous ne descendons pas des grands singes , mais que nous partageons un ancêtre commun , né il y a six millions d'années ).
Autre différence avec le chimpanzé , le bonobo ne vit que dans la forêt congolaise et nulle part ailleurs.
Dans ce pays ravagé par une guerre qui a fait 4 millions de morts , où chaque jour plus de mille de cents personnes meurent des conséquences de ce conflit , où des centaines de milliers d'orphelins vivent dans le dénuement le plus complet et où rebelles comme soldats continuent de perpétrer viols , tortures et assassinats , Claudine André a décidé de se consacrer aux bonobos...Et de créer , après des années de galère , ce sanctuaire de 40 hectares financé chaque fois à l' arraché.
Depuis 15 ans , 4000 ONG congolaises sont sur le terrain de l'humanitaire , sans compter toutes les grandes ONG internationales , mais ABC ( les amis des bonobos du Congo ) est la seule à lutter pour conserver le patrimoine exceptionnel que représente pour ce pays cette espèce de singes.
Pour Claudine André , ce combat pour protéger la biodiversité est aussi un combat pour l'homme.
A Loya ya bonobos , tous les salariés ( une trentaine ) sont congolais.
Et pour apporter un complément alimentaire à ses cinquante singes , elle a poussé les paysans des alentours à faire des potagers.
Avec un sens de l'humour particulièrement développé , Claudine André se définit comme une " mémère à macaques " , comme ironisent certains face à ce phénomène :
tous les grands singes sont , ou ont été , défendus par des femmes.
Les chimpanzés par Jane Goodall , les gorilles par Diane Fossey et les orangs-outans par Bruté Galdikas.
Plus sérieusement , Claudine André revendique son euro-africanité , comme d'autres parlent d' "afro-américanité ".
Arrivée , il y a plus d'une cinquantaine d'années au Congo Belge , elle a d'abord connu le Rwanda-Urundi en le traversant , à l'âge de 4 ans en chaise à
porteurs.
Son père , vétérinaire ne s'est pas contenté de faire vivre à sa famille une éxistence éxotique , il l ' a toujours plongée au coeur d'une réalité , humaine , animale et végétale.
On comprend pourquoi le biotope de cette femme reste l' Afrique.
Les guerres successives sont responsables de la disparition des bonobos qui sont passés de 100 000 en 1980 à moins de 1 0000 aujourd'hui.
Le brassage des différentes armées , toujours pas désarmées ni surtout payées , entraîne une déforestation galopante et un trafic de viande de brousse qu'on estime à un million de tonnes
pour le seul bassin du Congo !
Les braconniers tuent les femelles bonobos pour en vendre la viande sur les marchés mais , comme ils ne peuvent pas commercialiser celle des bébés dont les membres ressemblent trop à ceux des enfants , ils les vendent comme des jouets vivants.
Il faut ajouter à ce trafic les pratiques du sorcier Mushie , qui mutile les petits singes pour monnayer leurs mains ou leurs doigts transformés en gris-gris contre le mauvais sort.
C'est aussi , grâce à la coopération des autorités , que Claudine André récupère en piteux état des jeunes bonobos , dont la croissance est proche de celle
de l'espèce humaine.
La femelle n' ayant un petit que tous les 4 ou 5 ans , il reste très longtemps dépendant et collé à elle.
C'est la raison pour laquelle il meurt quand il est séparé de sa mère.
Pour faire face à cette situation , Claudine André a embauché dans le village , des femmes qui remplissent la fonction de mères de substitution.
A peine sortis des cages , qui leur servent de dortoirs , les petits éclatent de bonheur en retrouvant celles qui s'occupent d' eux toute la journée.
L'introduction dans les groupes d'adultes de ces petits élevés par des femmes n'est pas sans poser de questions : C'est là qu' une des carctéristiques de la sociétés bonobo prend toute son
importance.
Circuler dans la réserve revient parfois à parcourir un vaste lupanar , car le kama-sutra semble n'avoir aucun secret pour les bonobos.
Leur sexualité , débridée , est sans tabou ni complexes : mâles et femelles se mélangent à chaque instant , en couple ou à plusieurs. C'est la seule espèce , en dehors des humains , qui pratique
le coït face à face et qui aime s'embrasser !
Contrairement à tous les autres animaux qui ne s'accouplent que pour se reproduire , et donc pendant une période bien définie dans le cycle , les bonobos ne sont motivés à chaque instant que par le plaisir.
Quand un jeune bonobo commence à s'ennuyer , il n'est pas difficile de le passer chez les adultes dispersés en 3 groupes dans des enclos de 10 hectares chacun. Son arrivée se fait dans la curiosité et le jeu.
Depuis quelques mois , Claudine André sillonait le pays à la recherche d'un vaste territoire pour relâcher ses bonobos...
Elle l'a trouvé: 50 000 hectares , au sud de Bongandanga.
Si les soldats sont désarmés , si les premières élections , depuis l'indépendance en 1960 se déroulent comme prévu en juin prochain , si les congolais revivent enfin en paix
, les bonobos recouvreront leur liberté...
Nous leur souhaitons vivement.....
En Chine , pour leur seul bille , des miliers d'ours lunaires sont parqués et torturés....
Jill Robinson , une dynamique britannique , s'est portée , comme de nombreuses associations de protection animale , à leurs secours et a convaincu les autorités de protéger l'espèce...
Récit d'une belle aventure....
De Jill Robinson , on pourrait dire qu'elle a du chien mais c'est plutôt d'ours qu'il s'agit !
Depuis qu'elle a décidé de venir en aide à des plantigrades en détresse , cette séduisante britannique court entre les bureaux de sa fondation , à Hong-Kong , pour " rétablir le respect des animaux en Asie " , son centre de sauvetage des ours de Chengdu , en Chine populaire , dans la province du Sichuan , ses séances de travail avec les membres du gouvernement central à Pékin , ses interviews à la presse écrite et aux chaînes télévisées , et ses rencontres avec les donateurs.
Elle court aussi le monde pour sensibiliser à son action les parlementaires européens réunis à Bruxelles , pour animer , à Londres où à New York , une soirée de bienfaisance pour sa fondation , pour accorder une interview à CNN où à la BBC , ou examiner de près l'exploitation des ours au Vietnam....
Car Jill Robinson est pressée....pressée de réussir son rêve : sauver l'ours noir d'Asie-ou ours lunaire , ainsi nommé pour le croissant de lune doré qui orne son poitrail , de l'exploitation industrielle et cruelle à laquelle il est soumis.
Tout a commencé en 1993.
Depuis huit ans , JILL est installé à Hong-Kong où elle a suivi son mari , pilote de ligne.
Elle milite déjà dans une association de preotection des animaux.
C'est là qu'elle apprend que , en Chine , des ours sont parqués dans des fermes où on extrait leur bile.
Jill rejoint aussitôt une expédition de reconnaissance dans une ferme de la ville de Zhuhai , proche de la frontière.
Ce voyage va changer sa vie et la lier à jamais à celle des ours lunaires de Chine.
Sur place , on présente aux visiteurs les produits à base de bile d'Ours , médicaments pour traiter les migraines , la conjonctivite ou les calculs rénaux , mais aussi shampooings , thé énergisant et " vin d'ours ".
Dans les sous-sols , on plonge dans l'horreur....Sur toutes les longueurs des pièces , des rangs entiers de minuscules cages à barreaux emprisonnent , sans qu'ils puissent s'y mouvoir
, des ours vivants , grognant de peur et de rage....
Ces animaux pitoyables portent tous à l'abdomen des blessures béantes et infectées , d' ou pendent des cathéters en métal rouillé pour l' extraction de leur bile.
Leur corps , leur tête sont couverts de plaies dues aux frottements contre les barreaux.
Beaucoup perde un ou plusieurs membres lors de leur capture. D'autres sont amputés sauvagement des phalanges pour supprimer leurs griffes.
La médecine traditionnelle chinoise utilise la bile de l'ours depuis plus de 3 000 ans pour traiter toutes sortes d'inflammations et troubles du foie.
Dans les années 80 , le gouvernement chinois crée des fermes industrielles d'extraction de bile sur des ours vivants , afin d'éviter le massacre des ours sauvages !
L'intention de départ est louable , mais les conditions de vie des ours " de ferme " se révèlent barbares.
Arrachés à la vie sauvage ou nés et élevés sur place , ils sont enfermés dans des cages où ils ne peuvent se mouvoir , dont ils restent prisonniers à vie !
Une intervention chirurgicale sommaire est pratiquée avant leur mise en cage : un cathéter metallique est inséré directement dans leur abdomen jusqu'à l'intérieur de la vésicule biliaire pour permettre l'extraction de la bile.
Chaque ours produit quotidiennement de 30 à 160 ml d' " or liquide " ( vendu 500 euros le kg ) , jusqu'à ce que mort s'ensuive !
Le principe actif de la bile d'ours , acide ursodéoxycholique ( UDCA) , possède des effets thérapeutiques puissants et incontestés , mais il peut être remplacé aisément par des plantes médicinales et des substances de synthèse infiniment moins chères.
Cela établi , Jill Robinson se lancera dans l'opération " sauvetage des ours de Chine "...
Elle recense plus de 7000 ours exploités sous license gouvernementale.
Cependant , elle n'a jamais envisagé un seul instant de condamner la médecine traditionnelle chinoise ni donner des leçon à qui que ce soit !
Elle suggère simplement que les choses pourraient être autrement et que , en travaillant main dans la main avec les autorités du pays , des solutions acceptables pourraient être
trouvées , pour les ours et pour les hommes qui vivent de ce commerce...
Ce sera celà , l'approche " can do " de son association !
Et cette stratégie douce convaincra les autorités chinoises....Le sauvetage peut alors commencer....
Jill Robinson partira alors à la conquête du monde : elle sensibilisera à la cause des ours lunaires tous ceux qui peuront l'être...En Angleterre , en Australie et en Nouvelle-Zélande d'abord.
Elle y diffusera photos et vidéos de choc sur le calvaire des ours lunaires , suscitant partout la compassion.
Des montagnes de lettres de soutien arrivent à l' ambassade de Chine , à Londres , au point de créer un sérieux problème d'image internationale qui finit par inquiéter
Pékin....
Les ours lunaires sortent définitivement de l'ombre et Jill Robinson crée , dans la foulée , Animals Asia Foundation ( AAF ).
Un bref documentaire télévisé allemand entraîne un raz de marée de solidarité dans tout le pays , matérialisé par un afflux de chèques.
En Chine , la presse s'empare à son tour du sujet et crée l'émotion dans le pays....
La jeune génération est profondément touchée par la découverte de cette industrie de la souffrance animal dont elle ignorait absolument tout ; elle appuiera massivement l'oeuvre d'
AAF.
En 2000 , Jill Robinson signera un accord historique avec le gouvernement chinois : il garantit la libération de 500 ours lunaires sur 7000 environ , en confie la protection à AAF et promet , à plus long terme , la fermeture définitive de toutes les exploitations.
Ce sera la toute première fois que les autorités chinoises s'engagent aux côtés d'une association de protection animale étrangère...
Aujourd'hui , près de 200 ours ont été libérés des ferme de la province de Sichuan.
En échange , les fermiers ont reçu une compensation financière versée par AAF .
A leur libération , les ours sont accueillis comme de grands blessés au centre de sauvetage de Chengdu où la presse est généralement conviée; auprès d'elle , une ou deux personnalités
politiques ont l'honneur de sectionner les barreaux sous une pluie de flashs aux côtés de héros populaires comme la superstar de la chanson pop chinoise " Karen Mok " ou l'actrice
Michelle Yeoh qui soutiennent activement la fondation.
Le retentissement médiatique est donc toujours énorme !
Les ours , en grande detresse physique et mentale , sont emmenés en petits groupes vers leur nouvelle vie.
Gail Cochrane , vétérinaire depuis le 1er jour examine chaque ours déchargé.
Elle procède aux interventions chirurgicales par ordre d'urgence et de gravité.
Il n'est pas rare qu'une intervention dure plus de 7 heures tant les lésions sont catastrophiques : tumeurs de 5 kg , abdomen envahit de pus....Il est parfois trop tard , et
l'euthanasie s'impose pour de nombreux ours.
Pour les plus forts , suit une convalescence en cage confortable....Pendant de longues semaines , ils reçevront des anti-biotiques sponsorisés par le laboratoire BAYER , des soins , de la nourriture survitaminée.....
Enfin , on ouvrira les cages de convalescence sur l' herbe de la forêt de bambous du centre de soins où se trouvent des aires de jeux , des portiques , des tunnels , des tanières , des hamacs , des mares , du miel et des fruits cachés de-ci de-là...Tout ce dont un ours peut rêver !
Les rescapés ressemblent à des enfants qui se précipiteraient dehors pour jouer; qu'ils aient leurs 4 pattes ou qu'il ne leur en reste plus que 3 où même 2 , c'est le même émerveillement chaque matin , de les voir courir au soleil pour profiter d'un nouveau jour : C'est une vraie leçon de vie , pour la fondation et pour la jeune Chine !
Mais seulement 300 ours vivent au paradis de Jill Robinson.
Selon l'accord signé en 2000 , il en reste autant à accueillir...
Mais 6500 sont encore prisonniers des fermes...Peut-être plus....Mais Jill Robinson ne baissera pas les bras...
Pendant qu'elle milite pour l'arrêt définitif de l'exploitation de la bile d'ours , elle cherche des solutions pour transformer les fermes en asile pour futurs ours " retraités ".
Une opération similaire sera lancée au Vietnam....Cela fait 8 longues années que Animals Asia travaille dans ce pays sur la question de l'exploitation des ours...
Même si celle-ci est illégale au Vietnam depuis 1999 , très peu de mesures ont réellement été prises et le nombre de mammifères enfermés a considérablement augmenté !
Cependant , le gouvernement vietnamien s'est engagé durant l'année 2005 à mettre fin à l'exploitation des ours et Animals Asia viendrait de signer un accord afin de sauver 200
ours d'une exploitation de Hanoi...
L'espoir revient....